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Le virus de l'ardoise transmis de génération en génération

L’entreprise Hériau des Lacs (Cornillé) doit son origine et sa prospérité à la halte créée sur zone par les chemins de fer, suite à un déraillement de train. Qui s’en souvient ?

L’exposition “Les ardoisières des Lacs" a été qualifiée de remarquable par Ivan Hériau, qui a co-dirigé l’entreprise de couverture Hériau des Lacs. Celui-ci se définit encore comme couvreur, métier qui l’a passionné, au point de s’intéresser à l’historique de la carrière. « De ce gisement de schiste à ciel ouvert, on a toujours fabriqué des ardoises de couverture », précise-t-il.


Ivan Hériau (à droite) aime parler de son métier

Le site est exploité dès le début du 19e siècle par Ollivier Croizé du Bourg. Puis, succession oblige, en 1859, les carrières reviennent à Mme Hue Beaulieu. A l’époque, 136 ouvriers sont recensés. Ce qui vaudra à cette chef d’entreprise de recevoir la médaille de reconnaissance décernée par Napoléon III (médaille actuellement exposée, NDLR). Mais, l’extraction du schiste ardoisier sera stoppée en 1875, « suite à un éboulement, la carrière s’est remplie d’eau jusqu’au niveau de la Vilaine ».

Un déraillement de train salvateur

Si la Vilaine a toujours fait partie du paysage des Lacs, les Saint-Aubinais tout proches ont su composer avec la ligne de chemin de fer, qui a désenclavé le bassin d’emploi sur l’axe Vitré-Rennes, et facilité le transport des marchandises. Un jour de 1878, le déraillement d’un train aux Lacs améliora encore le quotidien des habitants. « Mme Hue Beaulieu a accueilli tous les blessés chez elle ». La société de chemin de fer la remerciera de cette hospitalité en créant une halte aux Lacs. Mais la carrière est toujours en eau. L’affaire sera transmise de génération en génération jusqu’à l’arrière petit-fils, Monsieur Henry.

1914, une date clé

Toussaint Hériau, le grand-père d’Ivan, habite Champeaux. Couvreur de métier, il rachète un dépôt aux Lacs en 1914. Il y fait venir -par wagons- des ardoises d’Angers qu’il stocke. Avec les chutes, il fabrique des parpaings en les mélangeant avec de la chaux, « cela occupe les ouvriers les mois d’hiver ». Des années plus tard, Toussaint Hériau acquiert la carrière et transmet le virus de l’ardoise à ses deux fils. Roger (le père d’Ivan) s’installera aux Lacs en 1946 et son frère Bernard à Champeaux. « Les ardoisières des Lacs, jusqu’en 1960, c’était uniquement une entreprise de couverture », rappelle Ivan.

1960, un tournant

Les souvenirs reviennent à la pelle : « Mon père Roger savait qu’il y avait de l’ardoise dans le sous-sol et a une idée de génie ». Il fait vider la carrière de son eau, « du 1er janvier 1960 au 1er janvier 1961 ». Puis, trois ouvriers seront chargés de l’extraction, « à l’époque, ils ne sortaient que 300 à 400 ardoises par jour, il faut savoir qu’il y avait 95 % de perte ».

« Il y avait 95 % de perte »

Exploiter la carrière n’aura finalement pas été rentable, « nous étions parfois trois mois sans tomber sur un banc d’ardoises d’où un arrêt définitif en 1999 ». Mais le savoir-faire des équipes de couvreurs était là. Les chantiers ont continué à affluer (des toitures du château de Fougères, du Mont-Saint-Michel, de la cathédrale de Dol-de-Bretagne jusqu’à la tour de la Bridole (1)). Bien sûr, aujourd’hui, l’entreprise Hériau importe ses ardoises d’Angers, d’Ardèche ou de contrées plus lointaines.

Les 95 % de perte transformés en parpaings par Toussaint ont donné des idées. Chez les descendants de l’ardoisier des Lacs, l’activité annexe est venue du broyage de schiste ardoisé. Roger Hériau puis son fils Serge développent cette branche avec l’acquisition de carrières en Tchéquie et dans l’ex-Allemagne de l’Est « et en font une entreprise à part entière ». D’où la création de sociétés distinctes dès 1980. Roger (junior) et Ivan co-dirigeront la branche couverture jusqu’à leur retraite, « l’un en tant que couvreur et l’autre à la gestion-comptabilité ».

Une succession maîtrisée

Avant de passer la main, Serge a acquis la branche couverture pour la confier à un gérant, Pierrick Cherel. Il exploite aussi la carrière à ciel ouvert de la Ripennelais à Saint-Aubin-des-Landes « uniquement en broyage de schiste ».

En 2012, l’entreprise Hériau compte 90 salariés, 30 pour la branche couverture et 60 pour l’activité carrière et fabrication de paillettes. Côté succession, un repreneur est annoncé, un des fils de Serge. « Les Hériau ont opté pour la pérennité du nom », sourit Ivan.

Les Hériau des Lacs : Roger Hériau (88 ans) a 3 garçons Roger, Ivan, Serge et 2 filles Danièle et Annette. La nouvelle génération s’est préparée à prendre le relais.

(1) La ville de Vitré se verra remettre le prix national des Rubans du patrimoine le 9 octobre à Paris pour la restauration de la Bridole. L’entreprise Hériau a participé à la restitution de la toiture en poivrière.

Prix Moniteur de la construction 2016 

Entreprise Hériau, lauréat «Gros œuvre»

Créée par Roger Hériau en 1946 à Cornillé (Ille-et-Vilaine), l’entreprise de couverture spécialisée dans le patrimoine a été confiée en 2009 à Pierrick Cherel qui y a effectué toute sa carrière. Démarrant ses journées à 6 heures du matin, le dirigeant applique une «gestion teintée de bon sens» et s’est investi depuis quatre ans dans la coopérative artisanale MBR 35, où les achats d’une trentaine de couvreurs sont mutualisés. Mais l’entreprise compte par-dessus tout sur la qualité de ses chantiers. Rare société de la région à posséder la qualification Qualibat 3194, Hériau travaille exclusivement dans la restauration du patrimoine bâti ancien et un de ses salariés a reçu en octobre dernier la prestigieuse médaille de la Compagnie des architectes en chef des monuments historiques.

– Cornillé (35)

– CA 2015: 3 M€

– 33 salariés


Source : www.lejournaldevitre.fr et www.lemoniteur.fr

 
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